Cuba a développé l'une des traditions de danse les plus riches du monde. Du contradanse colonial au son, de la rumba à la timba — chaque époque a produit des formes nouvelles, synthèses de l'héritage africain, espagnol, et caribéen. Comprendre cette histoire enrichit chaque danseur de salsa.
Le contradanse européen introduit à Cuba par les colons espagnols et les réfugiés haïtiens est le point de départ. Les esclaves africains l'absorbent et le transforment progressivement, créant le contradanse cubain, ancêtre de la danzón et du habanera.
La habanera (exportée en Europe via la marine espagnole — Bizet l'utilise dans Carmen) précède la danzón (danse de salon affinée, née en 1879 à Matanzas). Le son cubain émerge au début du XXe siècle à Cuba orientale, fusion de guitare espagnole et percussions africaines.
Les années 1940-50 voient la naissance du mambo (Pérez Prado, Arsenio Rodríguez) et du cha-cha-chá (Enrique Jorrín). La diaspora cubaine à New York transforme ces genres en salsa dans les années 1970. La timba émerge à Cuba dans les années 1980-90 comme renouveau contemporain.
Cuba est un carrefour unique : colonisation espagnole, traite négrière africaine (yoruba, kongo, abakuá), influences caribéennes, immigration chinoise et haïtienne. Cette diversité culturelle intense a produit une créativité musicale et chorégraphique exceptionnelle.
La salsa naît techniquement à New York dans les années 1970, mais ses ingrédients sont cubains (son, mambo, cha-cha). La salsa est la salsa new-yorkaise d'une musique cubaine — une distinction importante que les connaisseurs maintiennent.
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